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TRANSITION AU MALI : Les quarante jours de la discorde

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TRANSITION AU MALI : Les quarante jours de la discorde

« Après les 40 jours, j’ai dit, et c’est prévu dans l’accord-cadre, que nous devons nous asseoir et décider, bien sûr avec la CEDEAO, pour convenir sur quelque chose qui fera bouger ce Mali. Car, moi, ma priorité, c’est le Nord. Quand je parle de prise de responsabilité, c’est par rapport à un accord qui est signé ». Petit à petit, on va y arriver, à moins d’un tremblement de terre. Le scénario a été écrit dès le départ et le cafouillage dans les négociations de la CEDEAO ne fait que ralentir l’échéance : le capitaine Amadou Sanogo veut être président du Mali, chef suprême des armées et c’est de ce piédestal qu’il envisage négocier avec la CEDEAO et la communauté internationale, les moyens de libérer le Nord-Mali.

Si son projet marche, le Mali sera en face d’un nouvel héros qui fera oublier son coup d’Etat, pourtant condamné à l’unanimité par tous les démocrates du monde. Le capitaine Sanogo ne veut pas rentrer aussi facilement dans les rangs ou plutôt retourner dans sa caserne de Kati. Les mauvaises langues disent qu’il a vite pris goût au pouvoir et ne veut plus rien lâcher.

Lui se sent plutôt investi d’une mission : sauver son pays. Paradoxalement, son irruption dans la scène publique malienne a été un accélérateur qui a plongé son pays dans un véritable chaos politique et sécuritaire. L’homme que l’on a voulu écarter trop rapidement des affaires s’avère un dur à cuir. Apparemment, il veut des gages. La CEDEAO s’est résolue désormais à discuter avec le chef de la junte afin de s’assurer qu’il laissera la transition suivre normalement son cours. Encombrante certes, la junte est devenue incontournable dans l’installation d’un pouvoir durable à Bamako parce qu’elle semble maîtriser ce qui reste de l’épine dorsale de l’armée malienne.

Et du fait de sa capacité de nuisance, il est impérieux que les négociateurs arrivent à obtenir sa pleine coopération à la mise en œuvre de la transition avant la fin des 40 jours. Le problème du chef de la junte, c’est qu’il tient un double langage. Il tolère les institutions de la transition et se réserve le droit d’agir en temps opportun. D’où sa fixation sur les 40 jours, durée constitutionnelle de la transition de Diacounda Traoré. Si un accord n’est pas trouvé d’ici là, il faut craindre que le 22 mai prochain, la junte se fasse encore entendre. Le président intérimaire et le Premier ministre, dans ce contexte, n’ont pas une grande marge de manœuvre, parce que travaillant sous bonne garde. Une transition sous surveillance militaire.

Il faut espérer que le premier acte du nouveau gouvernement, qui vient d’adopter le 9 mai dernier un projet de loi portant amnistie générale pour les auteurs du putsch, fasse son effet au sein des dirigeants de la junte. Et que d’ici le vote de la loi par l’Assemblée nationale malienne, l’on ait imaginé les modalités d’une retraite dorée pour le capitaine dont certaines sources annoncent qu’il aspire au grade de général. Si la restauration de l’ordre républicain est à ce prix, pourquoi pas ?

Abdoulaye TAO

Le Pays

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cheap ghd straighteners 22/02/2014 04:13:42
It’s as if the writers have forgotten what made the show work and are trying to stuff in weird genre tropes like time travel and zombies just to be hip and relevant.
total: 1 | Affiché: 1 - 1

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